Par Agnès Bailly et Marcelo Denis

 

Ce numéro spécial « plus-un » de Cartello regroupe les textes présentés lors de la soirée de rentrée des cartels qui s’est tenue à l’École de la Cause freudienne le 17 octobre 2017 sous le titre : « Une élaboration soutenue dans un petit groupe », ainsi que la contribution si vivifiante de Solenne Albert qui articule cartel et désir de savoir. Vous y découvrirez aussi le texte de Dalila Arpin (AE en exercice), qui termine avec ce numéro de Cartello son mandat de secrétaire aux cartels de l’Ecole en nous apportant sa vision des nouages possibles entre Ecole-Cartel et passe.

La traditionnelle soirée de rentrée des cartels pour Paris et l’Île de France, co-organisée par l’Envers de Paris et l’ACF-IdF, est un rendez-vous important pour tous ceux qui veulent savoir quelque chose sur ce dispositif de travail qu’est le cartel, présenté pour la première fois par Lacan en 1964[1]. C’est aussi une modalité de rencontre pour de futurs cartellisants, à travers le tirage au sort, selon l’orientation donnée par Lacan en 1980 [2].

En tant que délégué aux cartels, nous recevons tout au long de l’année de nombreuses questions concernant le plus-un qui révèlent parfois du malentendu. Une petite équipe de travail [3] s’est constituée pour formaliser cette soirée que nous souhaitions studieuse et vivante, voire un tantinet subversive. Si le cartel est à première vue un petit groupe de travail, sa force et son originalité résident dans la présence d’un plus-un, un « agent provocateur [4] » nous dit Jacques-Alain Miller dans le sens où il veille à provoquer l’élaboration. N’attendez pas du plus-un qu’il incarne le maître. « [Il] ne s’ajoute au cartel qu’à le décompléter […] [fait] des trous dans les têtes […] La fonction de celui qui se prête au plus-un […] est de faire en sorte que chaque membre du cartel ait son trait propre [5] ».

Nous avons choisi d’interroger cette question sous la forme de témoignages. Trois collègues analystes nous ont transmis leur expérience de cartellisant et leur façon singulière d’occuper la fonction de plus-un. Cette soirée a également été marquée par la présence et la transmission inoubliables d’Esthela Solano-Suárez qui nous a fait le plaisir d’accepter notre invitation. Vous découvrirez donc dans ce numéro spécial, son texte si éclairant sur la fonction du plus-un au regard de la clinique borroméenne, ainsi que les témoignages de Bénédicte Jullien, Bruno de Halleux et Pierre Sidon. La liberté de ton avec laquelle nos collègues analystes ont parlé lors de cette soirée de rentrée des cartels a fait transmission.

Bonne lecture !

Marcelo Denis, délégué aux cartels pour l’ l’ACF-IdF et Agnès Bailly, déléguée aux cartels pour l’Envers de Paris.

 

 

[1] Lacan J., « Acte de fondation » (21 juin 1964), Autres écrits, Paris, Seuil, coll. Champ Freudien, 2001, p. 229-241.
[2] Lacan J., « D’écolage », 11 mars 1980, inédit (disponible sur internet).
[3] Sonia Pent, Serena Guttadauro, Martine Bottin, Vanessa Wrowlosky-Berlie. Agnès Bailly – déléguée aux cartels pour l’Envers de Paris et Marcelo Denis – délégué aux cartels pour l’ACF-IdF.
[4] Miller J.-A., « Cinq variations sur le thème de “ l’élaboration provoquée” », Intervention à l’École (soirée des cartels) le 11 décembre 1986 (disponible sur le site de l’ECF : étudier en cartels).
[5] Ibid.
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Catégories : Cartello n°19