Écho de la rentrée des cartels par Serena Guttadauro-Landriscini – Vanessa Berlie

Le 15 octobre dernier s’est tenue à Paris la Soirée de rentrée des cartels, événement annuel organisé par l’Envers de Paris et l’ACF Ile-de-France. Sous le titre Cartels au féminin – Pas-toute dans le savoir, en résonance directe avec les prochaines journées de l’ECF[1], cette rentrée des cartels fut l’occasion d’entendre des témoignages issus de l’expérience d’une « élaboration soutenue dans un petit groupe »[2].

C’est également le temps pour exposer le travail d’un cartel, c’est-à-dire le produit issu de l’étude à plusieurs d’un texte ou d’un séminaire. Le résultat pour chacun de cette recherche, de cette lecture, constitue un bout de savoir nouveau. Car dans cette rencontre renouvelée chaque mois entre quatre, plus-un, il s’agit de créer un tourbillon[3] où surprise, découverte et ouverture sont au rendez-vous pour permettre un gain de savoir.

Le cartel est un outil de travail de l’École et pour l’École qui se distingue des enseignements traditionnels et des études solitaires. Comment saisir quelque chose de ce savoir qui échappe et qui s’éclaire en même temps, grâce au transfert de travail qui émerge dans ces rencontres ? Tel était le fil rouge de cette soirée du 15 octobre 2019. Car, comme a pu le souligner notre invitée Marie-Hélène Brousse, le savoir en psychanalyse se caractérise d’être toujours supposé, le « savoir » étant aussi un des noms de l’inconscient. Et c’est parce qu’il est habité par une division subjective que le savoir est vivant. C’est en cela qu’un parallèle est possible entre ce qu’il se passe dans un cartel et dans une analyse.

Maria Novaes[4] nous a parlé de son travail en cartel autour du Séminaire XX où la définition du ratage du rapport sexuel par Lacan lui a permis de faire un lien avec la question du féminin et l’élaboration du pas-tout.

Soledad Peñafiel[5], au travail sur le Séminaire XIX, a voulu souligner la discordance entre les sexes, telle que Lacan l’énonce, en lien avec le pas-tout.

Andrea Castillo[6] a, quant à elle, travaillé en cartel sur la lecture du dernier enseignement de Jacques-Alain Miller « L’Un tout seul ». Son exposé fut un témoignage très personnel de ses deux positions : ne rien savoir en cartel et toute seule sur le divan, à partir desquelles elle a extrait un petit savoir nouveau sur la jouissance féminine.

Marie-Hélène Brousse[7] était l’extime de notre soirée et c’est avec grande finesse et générosité qu’elle a commenté et discuté chaque cas.

Cette rentrée des cartels a attiré beaucoup de monde, notamment des étudiants de Paris 8 et des personnes désireuses de faire cartel pour la première fois. Ainsi, 14 cartels ont été constitués à l’issue de cette soirée de travail. Un succès !

À l’année prochaine !

[1]               Sous le titre « Femmes en psychanalyse », le 16 et 17 novembre 2019 au Palais des Congres de Paris.

[2]               Lacan J., « Acte de fondation » (1964), Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p.229.

[3]               Franck Rollier, Qu’est-ce qu’un cartel ?, https://www.causefreudienne.net/quest-ce-quun-cartel/

[4]               Membre de l’ACF Voie Domitienne.

[5]               Membre de L’Envers de Paris.

[6]               Membre de l’ACF Ile-de-France.

[7]               Psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP.

 

Catégories : Cartello 28