Cartello n°8

Mars 2015

Editorial

par Philippe Bourret

 

Promouvoir le cartel, c’est d’abord s’y engager, faire l’expérience du dispositif, voire donner à lire ou à entendre le produit propre à chacun. C’est aussi en parler autour de soi, faire résonner ce signifiant dans la chambre d’écho de l’énonciation, sous les voûtes de la cité auprès des gens de l’ombre, de la lumière et du clair-obscur. Faire entendre la voix (voie) du cartel, c’est susciter l’intérêt, favoriser l’abordage du savoir sur un mode nouveau qui subver- tit le discours universitaire, s’oppose au discours du maître et vient contrer le malaise dans

la civilisation. Faire cartel c’est promouvoir le pari sur le désir au un par un. C’est se laisser surprendre par la vie des mots et s’autoriser à changer d’avis aussi.

Des collègues n’ont pas hésité à exposer le produit de leur travail, ils ont saisi la Cartellop- portuité et participent ainsi au débat d’idées au plus près de l’actualité du XXIème siècle. Le cartel change, il est vivant, il est polymorphe dans son usage et rigoureux dans sa structure logique, ce qui fait le gage de sa fraîcheur et l’audace de son pari.

Cartelédésir, une holophrase pour dire l’engagement qui se lit dans Cartello n°8. Le croisement de l’ACF-MC et de l’ACF-VLB nous offre les fruits de la rigueur et de l’audace mêlés à l’effort de poésie qui émaille chacun des textes. Les signifiants se mesurent à fleuret moucheté et viennent toucher dans un au-delà du sens qui fait de chaque exposé un enseigne- ment. La voix et le regard sont convoqués. Un texte à lire, un sujet qui parle, un rideau qui se lève, un écran qui nous saisit dans la salle obscure et quatre se choisissent… Le cartel, c’est avant tout un usage particulier et inédit, en dehors de tout protocole. Élever l’expérience car- tellisante à la dignité d’un évènement subjectif, c’est cela faire cartel et réinventer le disposi- tif à la mesure de notre engagement.

Découvrons dans Cartello N°8 comment on peut lire Lacan au plus près sans le com- prendre (D. Machabert), ou bien comment le cartel, à l’instar du téléphone ou de l’ordinateur, est un objet nomade, à l’université (G. Darnaudguilhem), au théâtre, ou au cinéma…

(K. Mioche).  Ici il favorise les rencontres et peut même en produire d’inédites. Là, il peut être un «terrain de jeu ou de re-création» (N. Bonnet Martinez). Ailleurs, il permet au sujet de traiter une question (S. Luna Luna) ou bien il rend compte d’un cas clinique (S. Guérin).

À côté de la passe, le cartel est l’organe de base de l’École, il est l’invention lacanienne qui œuvre à la vitalité du Champ freudien au XXIème siècle et favorise son peuplement.

Illisible – par Dominique Machabert

Cartel : de l’usage à la pratique – par Gérard Darnaudguilhem

Une autre scène – par Karine Mioche

Une ponctuation énigmatique – par Nicole Martinez

Derrière la mère, il y a une femme – par Stéphanie Luna Luna

Une place possible pour la surprise – par Soizick Guérin