Cartello n°9

Mai 2015

Editorial

par Frank Rollier

Aussitôt nommé Analyste de l’Ecole (A.E.), Jérôme Lecaux fût sollicité par Cartello pour un écrit sur la place du cartel dans sa formation analytique. Sa réponse fût preste, annoncée par une question – Le cartel, une séance d’élaboration à plusieurs ? – laquelle

suscita un échange stimulant avec l’auteur quant aux différences et à la proximité entre cartel et cure. Son texte porte la trace de ce work in progress et Cartello le remercie pour cette élaboration délicate portée par ce qu’il nomme une « légèreté sérieuse et la joie au travail ».

Si être en analyse n’est pas une condition pour devenir membre d’un cartel, des produits de cartel peuvent porter la trace d’un nouage entre le travail du cartellisant et sa cure.

Certains témoignent d’effets subjectifs occasionnés par leur expérience du cartel; d’autres rendent compte de possibles effets sur leur pratique clinique.

Dans Un cartel et ses effets de parole, Dorothée Espenon interroge l’injonction institutionnelle de « dire la vérité » aux familles, à la lumière de sa lecture de Lacan et des échanges dans le cartel (Rhône-Alpes).

Avec Se cogner au réel, Sébastien Guitart témoigne du nouage cartel – analyse – contrôle, et de ses effets sur sa clinique en milieu carcéral (Aquitaine).

Sous le titre L’interprétation et le réel, Marie-Hélène Bigot questionne, exemple à l’appui, le statut de l’interprétation dans la clinique lacanienne du XXIème siècle (Paris).

A partir d’un cartel de lecture du cours L’être et l’Un, Christian Chaverondier explore les Deux faces du réel wirklich et real, distinguées par J.-A. Miller (Rhône-Alpes).

Avec Bienvenue à Gattaca ou les figures de l’identité, Sabrina Kernachi, membre d’un cartel Psychanalyse et cinéma, nous propose une réflexion, à partir d’une œuvre de science- fiction, sur le devenir de l’identité lorsqu’elle est subordonnée au profil génétique (Estérel Côte- d’Azur).

Enfin, Susana Elkin, membre d’un cartel fulgurant préparatoire à la prochaine rencontre PIPOL 7, nous réserve une surprise en nous parlant de La victime d’après les victimologues, certains d’entre eux dénonçant le « tout punitif », voire visant « la réappropriation par le sujet de sa place » (Paris).

Ces textes manifestent le dynamisme du cartel, « organe de base » de l’Ecole (Lacan), et ils reflètent la diversité de ses usages possibles : cartels de lecture de texte, d’étude d’un concept, de clinique institutionnelle, de préparation d’un évènement du Champ Freudien…

Bonne lecture !