Editorial n°16

Par Dalila Arpin et Laura Sokolowsky

Une soirée a été organisée le 15 mars dernier au local de l’ECF, sous le titre « le Baroque ». C’est une nouveauté : deux commissions, Bibliothèque et Cartels se sont associées pour une aventure riche en trouvailles, dont la production de trois cartellisantes qui ont exploré, chacune à leur tour, différents aspects de ce mouvement. Dans une deuxième partie de la soirée, deux spécialistes de la cette période dans les Beaux Arts sont venus nous éclairer, images à l’appui. Nous transcrivons, à continuation, les textes des cartellisantes. Les exposés des Professeurs, étant donné qu’ils ont commenté des œuvres in vivo, ne peuvent, malheureusement l’être.

Vous trouverez donc dans ce numéro de Cartello, une introduction de la part de Laura Sokolowsky, responsable de la Commission Bibliothèque ainsi que les exposés de Marie-Hélène Isaac, qui retrace l’apparition de ce mouvement dans son lien à la lutte de l’Eglise Catholique contre la Reforme, de Chantal Bonneau qui jette une nouvelle lumière sur le travail de Miguel de Cervantes y Saavedra, Don Quichotte, et de Valentine Dechambre qui nous fait goûter les délices du Baroque en Musique !

Bonne lecture et au prochaine numéro !

 

 

Soirée « spécial baroque »Introduction pour Cartello

Laura Sokolowsky

 

Pour cette soirée consacrée au baroque, nous avons imaginé un dispositif qui n’était pas classique. Deux commissions de l’ECF, celle des cartels et celle de la bibliothèque ont travaillé ensemble en donnant carte blanche à trois cartellisantes ainsi qu’à deux historiens de l’art Giovanni Careri, éminent spécialiste du Bernin et du Caravage, et Frédéric Cousinié dont les travaux portent sur la figurabilité du divin dans l’art.

Pourquoi avoir choisi ce thème du baroque et quelle en est l’actualité dans notre champ ?

Dans le séminaire Encore, Lacan indique qu’il se range plutôt du côté du baroque et qu’il emprunte cet épinglage à l’histoire de l’art.

Lacan souligne encore que le baroque s’origine dans « la petite histoire du Christ », laquelle n’est autre que celle de l’incarnation de Dieu dans un corps. Ce corps chrétien se construit par l’imitation de Jésus-Christ, de ses souffrances, de sa passion. L’incarnation chrétienne explore les limites du corps pour y trouver une certaine joie dont les mystiques témoignent. Il est ici question d’un corps affecté par une jouissance qui n’est pas celle qui s’attache aux objets mondains. La transverbération de Sainte Thérèse d’Avila sculptée dans le marbre par Le Bernin donne à voir le martyr de l’amour pour le Verbe qui s’est fait chair. Le cœur transpercé de Sainte Thérèse par la flèche de l’ange, c’est l’écriture sur le corps du signifiant de cette Autre jouissance. Cette flèche, c’est la barre de S(Ⱥ).

Dans le fil du dernier congrès de l’AMP qui s’est tenu à Rio et la présentation de Jacques-Alain Miller[1], nous espérons que cette soirée aura permis d’explorer quelques mystères du corps parlant à l’âge baroque.

 

 

[1]  http://www.wapol.org/fr/articulos/Template.asp?intTipoPagina=4&intPublicacion=13&intEdicion=9&intIdiomaPublicacion=5&intArticulo=2742&intIdiomaArticulo=5